Principes de l’ablation


On effectue ce type d’intervention, lorsque le patient a un rythme cardiaque anormal (arythmie), qui ne peut être soigné par la médication.
Le cœur peut battre anormalement vite (tachycardie, + de 100 battements par minute), ou de façon désordonnée (fibrillation).

Le patient peut alors souffrir de palpitations, essoufflements, tout cela générant une fatigue générale et pouvant entrainer des accidents vasculaires cérébraux (AVC).
L’ablation, en rétablissant un rythme cardiaque normal (60 à 80 fois à la minute), permettra d’éviter ces accidents graves.
C’est une intervention qui se pratique sous anesthésie générale, qui nécessite une préparation et divers examens, analyses de sang et urines, électrocardiogrammes et radiographies.

L’intervention consiste en la destruction ou l’ablation de tissus cardiaques qui sont endommagés et responsables du disfonctionnement du cœur.
L’ablation peut aussi être combinée avec une intervention chirurgicale à cœur ouvert (pontage, remplacement de valvule).


Dans certains cas, l’ablation peut nécessiter l’arrêt du cœur et donc le branchement sur une machine cœur-poumon, comme par exemple pour une intervention Cox-Maze, dans laquelle le chirurgien procède à une incision à l’intérieur des cavités supérieures du cœur.
Cette intervention se pratique dans le cadre de fibrillations auriculaires. Aujourd’hui, les techniques liées à l’ablation chirurgicale évoluent afin d’éviter les incisions des tissus cardiaques. On utilise alors des techniques comme le laser, les radiofréquences, ou le froid.



On diagnostique le plus souvent cette forme de pathologie chez les nouveaux nés ou chez les bébés ayant moins de 6 mois, avec un cœur normal.
Elle peut également survenir à tout âge, chez les enfants avec une malformation cardiaque ou chez les adultes ayant subit une opération à cœur ouvert. C’est une pathologie assez rare, qui se caractérise par un disfonctionnement du rythme cardiaque et notamment du rythme supra-ventriculaire, c'est-à-dire, en amont du ventricule, au niveau de l'oreillette ou nœud sinusal.

L’électrocardiogramme et l’analyse du complexe QRS (enregistrement et mesure de la circulation des ondes dans le nœud sino-auriculaire et le ventricule) permettent d’observer une irrégularité dans le rythme cardiaque ou une grave défaillance cardiaque.

L’ablation de la tachycardie atriale, se fait plus souvent par courant de radiofréquence.
Cette technique qui évite l’opération à cœur ouvert et les incisions du thorax, est réalisée à l’aide d’un cathéter positionné dans le cœur.
Cette technique permet de détruire les tissus endommagés et permet une guérison définitive.


On diagnostique une tachycardie ventriculaire par un électrocardiogramme et une analyse du complexe QRS (enregistrement et mesure de la circulation des ondes dans le nœud sino-auriculaire et le ventricule).
On souffre de tachycardie ventriculaire lorsque les battements du cœur sont supérieurs à 100 par minute.
Le signal électrique ne suit pas sont trajet habituel et l’influx saute l’étape du nœud sino-auriculaire pour se loger directement dans le ventricule.
Celui-ci bat alors plus vite. Il n’y a plus de contractions entre l’oreillette et le ventricule, ce qui va entrainer un arrêt de la circulation sanguine dans le cœur et le reste du corps.

Les symptômes sont alors facilement identifiables. Le patient peut ressentir des vertiges, pertes de connaissances, impressions de grande faiblesse, dus à l’arrêt de la circulation sanguine dans le corps et surtout dans le cerveau.
Les causes de cette pathologie sont variées, souvent dues à un infarctus du myocarde, une insuffisance cardiaque, une cardiomyopathie...




On soigne la tachycardie par un traitement à base médicaments anti-arythmiques qui stabilisent le rythme cardiaque, (digitale/digoxine, bêtabloquants, inhibiteurs des canaux calciques, procaïnamide, amiodarone, le sotalol). Certains traitements peuvent être administrés via une veine (lidocaïne, procaïnamide, sotalol ou amiodarone). Dans d’autres cas on peut poser dans le thorax du patient un défibrillateur.
Le médecin peut alors conseiller d’éviter les situations de stress intense, l’arrêt de la consommation d’alcool, de café et autres substances.
Dans les cas les plus graves de tachycardie, on peut procéder à une défibrillation électrique (choc), ou à l’ablation des tissus endommagés, responsables du disfonctionnement (cathéter, radiofréquence).

La fibrillation auriculaire est une forme d’arythmie qui se caractérise par des battements trop rapides ou désordonnés du cœur.
Il existe 3 formes de fibrillations auriculaires : la fibrillation paroxystique (arrive par crises et ne dure pas), la fibrillation persistante (soignée par traitements médicamenteux) et la fibrillation permanente (nécessitant une intervention).

Les causes de ce disfonctionnement peuvent être héréditaires, liées à une hyperthyroïdie (production excessive d’hormones entrainant nervosité et perte de poids) ou liées à une cardiopathie congénitale ou coronarienne, c'est-à-dire dues à une malformation de naissance ou développée avec l’âge.
L’alcool, l’obésité peuvent également être des facteurs déclencheurs de ces pathologies cardiaques.
Pour le patient atteint de cette pathologie, le risque encouru est grave puisqu’il peut développer des maladies cardiovasculaires suite à la formation d’un caillot de sang et mourir d’un AVC.

On diagnostique la fibrillation auriculaire par un électrocardiogramme. Certains patients ressentiront des palpitations, sensations d’angoisse, de douleurs dans le thorax ou de fatigue anormale, d’autres n’identifieront pas les symptômes.

Lorsque cette pathologie n’a pu être traitée par le biais d’un traitement antiarythmique (bêtabloquants) ou d’un traitement anticoagulant (éviter la formation de caillots), on procède à la pose d’un pacemaker, qui va contrôler le rythme cardiaque, ou on procède à l’ablation par cathéter.
Ce dernier va produire un courant haute fréquence, chauffer une pointe manipulée par le chirurgien et ainsi détruire les zones de tissus responsables du disfonctionnement. Cette intervention peut être pratiquée sous anesthésie générale ou non, en ambulatoire et peut durer quelques heures (3 à 5h).
Les douleurs postopératoires seront facilement traitées avec des antidouleurs.